Des années 30 aux années 50

Le climat social des années 1930

Lorsque se créent les premières associations d’employeurs de personnel de maison, dans la seconde moitié des années 1930, les salariés sont eux, déjà regroupés depuis le début du siècle en syndicats d’employés de maison (affiliés à la CFTC ou à la CGT). C’est l’époque où la classe politique française se transforme (émeutes antiparlementaires du 6 février 1934, victoire de la coalition du Front populaire en mai 1936 et gouvernements Blum de 1936 et de 1938), et entreprend des réformes sociales inédites (Accords Matignon de juin 1936, semaine de travail de 40 heures, congés payés de deux semaines…). Plusieurs projets de réforme de cette période resurgiront après la Seconde Guerre mondiale, et seront instaurées par le gouvernement provisoire du général De Gaulle (droit de vote des femmes, loi sur les conventions collectives), ou votées au Parlement sous la IVe République.

De leur côté, les employeurs de personnel domestique souhaitent épouser les événements de leur temps : ils ne comptent pas se regrouper (terme qui donnera naissance à l’expression de « groupements d’employeurs de main d’oeuvre domestique », pour désigner les associations de particuliers employeurs membres de la Fédération fondée en 1948), uniquement pour disserter sur le monde qui change et qui bouleverse leur condition de patrons de domestiques, mais bien pour unir leurs énergies et entreprendre, en concertation avec les syndicats, la modernisation du secteur que l’on va bientôt appeler l’aide familiale à domicile, héritage de l’ancienne domesticité des milieux bourgeois et des classes sociales supérieures. L’objectif de ces associations de particuliers employeurs est clairement énoncé : signer avec les syndicats et le ministère du Travail des conventions collectives, d’abord locales, voire un texte de portée nationale qui donnerait un cadre réglementaire à l’emploi de maison, qui en est alors totalement dépourvu (questions du contrat de travail, des salaires, de la durée du travail, du logement et de la nourriture, du type d’emploi et des responsabilités des salariés, etc.). Et de cette façon redonner de l’attractivité à une profession qui subit depuis le début du XXe siècle un déclin important.