Des années 50 aux années 70

De 1952 aux années 1970 : les conventions collectives départementales des employés de maison

 

Après l’échec de 1952, la Fédération d’employeurs et les syndicats de salariés n’abandonnent pas leur objectif respectif : face à l’absence de convention de travail nationale, ce sont des conventions collectives locales, négociées sous l’autorité des représentants départementaux de l’Inspection du Travail, qui vont encadrer durant plusieurs décennies la profession d’employé de maison, faisant suite aux toutes premières conventions signées avant-guerre.

Faute de mieux si l’on peut dire : car les archives qui retracent les négociations et les signatures de ces conventions avec les syndicats de salariés, montrent bien que d’une région à l’autre les employeurs de personnel de maison ne conçoivent pas de la même manière leur rôle et leurs responsabilités, ni ceux de leurs employés, et tout ce que cela entraîne dans leurs relations sociales et syndicales. Au nord de la France, dans les départements du littoral méditerranéen, en Bretagne, dans l’Est, en Aquitaine, en région parisienne ou dans la vallée du Rhône, les conventions collectives locales, ces fameuses CCD (pour conventions collectives départementales) ne parlent pas de ce secteur d’emploi, de cet univers professionnel et patronal, avec les mêmes intentions. On ne nomme pas le métier d’employé de maison partout avec les mêmes mots.

Ces différences territoriales se retrouvent donc sur le plan politique : on peut ainsi noter que certains groupements de la Fédération vont défendre lors des réunions paritaires départementales de cette période, et à l’unisson des syndicats, le progrès social dans la profession d’employé de maison : amélioration des salaires, développement de la formation professionnelle, prise en compte de nouveaux modes de vie dans les familles et pour les employés, apparition de nouvelles formes d’emploi au service de la petite enfance ou des personnes âgées… Mais pas partout : dans certains départements de l’est de la France, notamment, ou dans le sud-est, des sujets cruciaux pour la modernisation de ce secteur d’emploi et son attractivité sont surtout défendus par les syndicats de salariés, plutôt que par les employeurs eux-mêmes.